Le peuple a faim. Il est brisé. Il n'en peut plus. Voir ses enfants quitter pour revenir statiques, enveloppes sans une once de conscience pour les animer. Ne jamais manger à sa faim. La colère gronde, et fort. Un type, désigné comme le meilleur d'entre-tous par cet homme, père de tous les êtres, se redresse, énorme de sa prétention, couronne de laurier et univers de préjugés sociaux au-dessus de la terre.
À tous, il leur offre ce qu'ils désirent. Du pain, et des jeux.
Le romain qui regarde ces gladiateurs s'entre-déchirer n'est pas conscient. Ni de son malheur, ni de celui des autres. C'est du spectacle, de la poudre aux yeux, l'occupation de l'esprit. Il mange, et chaque jour il a accès à un divertissement incroyable.
Il a quelque chose à perdre.
Pourquoi se révolterait-il?
Encore une fois, l'élu n'a pas eu tort. De sa suprémacie, il a maîtrisé d'une main de fer ce peuple d'ignares, oubliant naturellement la voie de la révolte. Mais cette route n'aurait-elle pas été celle à emprunter? N'y avait-il pas suffisament de raisons pour se lever et jeter au loin toutes ces idioties?
Mais surtout, pourquoi? L'empereur de Rome aurait-il eu... Peur? Un léger frisson n'aurait-il pas traversé l'échine du Demi-dieu, alors qu'il réalisai l'ampleure du problème?
Les manigances ne changent pas. Elles se modernisent avec le reste.
